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Un dirigeant de Lafarge : «Nous versions 20 000 euros par mois à Daech»

Les responsables du leader mondial franco-suisse des matériaux de construction, Lafarge Holcim, ont reconnu qu’ils versaient de l’argent au groupe Daech, contribuant ainsi au financement du terrorisme. Les extraits des auditions des responsables de la société, rendus publics par le journal Le Monde, sont accablants à double titre.

D’abord, les responsables de l’entreprise entendus par les enquêteurs, qui cherchaient à déterminer les liens qu’a pu entretenir le géant du ciment avec des groupes armés, ont reconnu avoir versé de l’argent à Daech. Bruno Pescheux, PDG de la filiale syrienne de l’entreprise jusqu’en juin 2014, a indiqué aux enquêteurs avoir vu le nom de Daech sur des documents internes à l’entreprise. A la question «Avez-vous une idée du montant prévu pour Daech», il répond : «De l’ordre de 20 000 dollars par mois.»

Ensuite, Le Monde révèle que «la décision du leader mondial des matériaux de construction de rester en Syrie a reçu l’aval des autorités françaises, avec lesquelles le groupe était en relation régulière entre 2011 et 2014». Les responsables de Lafarge affirment ainsi à plusieurs reprises avoir consulté le ministère des Affaires étrangères ainsi que le gouvernement au sujet du maintien de leur activité dans le pays. Lafarge justifiait cela par son souci de continuer à fonctionner pendant la guerre. Pour le cimentier français, dans les affaires, il n’y a pas de principes mais des gains. Quitte à participer au financement «indirect» de l’Etat islamique qui continue de semer la mort en Syrie, en Irak et partout dans le monde.

Le 3 mars dernier, les responsables de Lafarge Holcim ont fait mine de regretter leur geste : «Avec du recul, les conditions exigées pour assurer la continuation du fonctionnement de l’usine étaient inacceptables.» Or, selon Le Monde, ces arrangements ont profité à l’organisation terroriste la plus sanguinaire, à savoir Daech. Une organisation avec laquelle la France est officiellement en guerre.

Le plus cocasse dans cette histoire est que le gouvernement français a, à plusieurs reprises, fait des propositions pour lutter contre le financement du terrorisme, alors qu’il a déjà de lourds antécédents dans le paiement de rançons aux ravisseurs, en Afrique notamment, rappelle Algeriepatriotique dans un article consacré à ce sujet. En novembre 2016, Algeriepatriotique s’interrogeait déjà si l’argument de la nécessité de céder au racket pour continuer à travailler en Syrie ne cachait pas une autre vérité : le groupe Lafarge est-il une société-écran qui mène des opérations secrètes dans ce pays livré à la guerre civile et où les groupes islamistes armés bénéficient du soutien de Paris ?

Enfin, ces révélations sur le financement du terrorisme confirment si besoin est la thèse très répandue de l’implication d’officines secrètes dans la création et le financement de groupes terroristes islamistes instrumentés pour provoquer des guerres civiles dans les pays arabes dont les régimes et les peuples refusent de s’aligner sur les puissances occidentales.

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