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Le plus grand gisement d’eau du monde pourrait être en Algérie

Le gisement du Djurdjura offre donc l’avantage de se passer de la contrainte énergétique trop budgétaire puisque l’eau arrivera aux citoyens par gravité et avec une très forte pression. Majestueux Djurdjura!

L’Algérie est une huître fermée sur elle-même. A ceux qui savent scruter ses entrailles, qui savent parler son langage, les géologues, notamment elle s’ouvre et livre ses perles. Le professeur Saâdallah, ancien enseignant de géologie à l’Institut des sciences de la Terre à l’université de Bab Ezzouar et actuellement président de GeoAfrica Sciences Society, vient de nous révéler «les confidences» du Djurdjura. Sous ce massif montagneux, se cache en effet, un immense gisement d’eau renouvelable dont la capacité, 60 milliards de mètres cubes, dépasse de très loin celle du plus grand barrage du monde qui se trouve actuellement en Chine.

Cette découverte rassurante à plus d’un titre ouvrira des pistes de travail de recherche et des horizons fabuleux pour le pays. Deux arguments confortent cet optimisme. Le premier est en rapport avec ces découvertes d’eau. Habituellement, les géoscientifiques cherchent l’eau souterraine dans les plaines, zones où les rivières arrivent et où les eaux de ruissellement s’accumulent et s’infiltrent en abondance. Ce sont en général des zones peuplées. Ce sont aussi des régions de bassins où les structures géologiques offrent les pièges classiques pour les réserves d’eau souterraine, comme les synclinaux. Auquel cas l’alimentation en eau potable (AEP) ne pose pas de problèmes majeurs en matière d’équipement et donc de coût. Dès que l’on sort de ce schéma classique, d’autres challenges se dressent devant la gouvernance et la société de façon générale. C’est le cas d’une grande partie de la région de Grande Kabylie où, depuis la nuit des temps, la population s’est installée, et continue de le faire, sur les sommets de collines et lignes de crêtes. Alors que les puits sont forés dans la vallée du Sébaou on est obligés d’installer de nombreuses stations de pompage et des châteaux d’eau en relais pour que l’AEP arrive dans les foyers, en escaladant des dénivelés de plus de 1000 m en altitude. Il est évident que cela entraîne un surcoût excessif. De l’aveu même du ministre des Ressources en en eau, Hocine Necib, le coût de l’énergie électrique est immense. «Quand on discute avec des experts étrangers et on leur révèle la puissance en mégawatts utilisée pour alimenter des villages en Kabylie, ils sont souvent impressionnés. C’est naturellement dû au relief très accidenté de la région mais l’Etat fait cet effort.» Le gisement du Djurdjura offre donc l’avantage de se passer de la contrainte énergétique trop budgétaire puisque l’eau arrivera aux citoyens par gravité et avec une très forte pression. Combien n’est-il pas généreux ce majestueux Djurdjura!
Le second avantage de la découverte du professeur Saâdallah est que l’exemple du Djurdjura n’est pas unique en Algérie. D’autres gisements, de moindre importance existent dans d’autres régions montagneuses comme les Aurès, Zaccar, Ouarsenis. Les recherches sont déjà très avancées dans la région de Constantine. Après Tizi Ouzou, Constantine est dailleurs le second projet de recherche en vue de définir des guides pour la détection des aquifères souterrains. Le débit total est de plus 1700 l/s dans les monts de Constantine (900 l/s au Hamma, 400 l/s à Fourchi, à Boumerzough). Cependant, excepté cette connaissance des débits, les ressources en eaux souterraines de l’aquifère du Constantinois sont pratiquement inconnues même si «le massif constantinois est une zone privilégiée au regard de la quantité de ses ressources en eaux souterraines», indique le professeur Saâdallah soulignant qu’«il est important de créer d’ores et déjà les conditions pour l’émergence d’une synergie entre les deux équipes, celle de l’université de Tizi Ouzou et de l’université de Constantine».
Vu le stress hydrique que traverse le pays et qui est appelé à durer dans le temps, vu les besoins de plus en plus croissants de la consommation en eau potable et dans le domaine agricole, ces découvertes représentent une aubaine à prendre très au sérieux et pour pourquoi pas avec le même intérêt qu’accordent les autorités à l’exploitations du gaz de schiste. N’est-il pas urgent alors de faire l’inventaire régional des ressources en eaux souterraines? Pour ce faire, il faut une réelle volonté politique d’abord qui donnerait un caractère stratégique à ce projet de recherche. Suivra ensuite un budget conséquent pour prendre en charge les opérations de terrains, celles de laboratoire, la documentation. Il s’agira d’organiser des séjours scientifiques nationaux et même internationaux surtout les Chinois sont déjà dans «le coup». Le professeur Saâdallah a lancé un appel pressant pour les sources potentielles de financement et de prises en charge afin qu’elles se manifestent suffisamment à l’avance pour pouvoir planifier le plus tôt possible le démarrage du projet. Yaura- t-il un écho, un preneur…?

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