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The Independent révèle les détails de la séquestration de Hariri à Riyad

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, ne savait pas qu’il allait être limogé. Son agenda était chargé ; il devait présider des réunions à Beyrouth, avec le FMI, la Banque mondiale et tenir une série de discussions sur l’amélioration de la qualité de l’eau à son retour de Riyad, où il devait se rendre pour une visite de travail. Aucune indication ne laisser présager que l’homme avait une quelconque intention d’annoncer sa démission.

Selon le quotidien britannique The Independent qui fait cette révélation, vendredi 3 novembre, Saad Hariri était en pleine réunion avec son cabinet à Beyrouth, quand il a reçu un appel téléphonique l’invitant à se rendre en urgence à Riyad à la demande du roi d’Arabie Saoudite. Hariri – qui, comme son père assassiné, détient la citoyenneté saoudienne mais aussi libanaise – a vite annulé tous ses engagements et s’est envolé vers la capitale saoudienne. Le Premier ministre libanais ne pouvait qu’exécuter les ordres du palais, surtout que sa société Oger détient auprès du royaume une créance de neuf milliards de dollars.

Dès que le jet privé de Saad Hariri s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Riyad, dans la soirée du 3 novembre, l’appareil a été immédiatement encerclé par une unité d’élite de la police saoudienne. Un groupe de policiers est monté à bord et a confisqué le téléphone portable de Saad Hariri et ceux de ses gardes du corps, rapporte le journal britannique. Il a ensuite été enjoint de ne faire aucune déclaration aux médias.

Ce feuilleton fait suite à une vaste purge déclenchée dans le royaume d’Arabie Saoudite. Onze princes, dont le puissant richissime Al-Waleed Ben Talal, quatre ministres et d’autres dignitaires ayant servi sous le règne de l’ancien roi ont été assignés à résidence, alors que 1 700 comptes bancaires ont été gelés en un temps record.

Le plan de destitution du Premier ministre libanais ourdi par le prince héritier Mohamed Ben Salmane a été mis à exécution quelques heures seulement après l’arrivée de Hariri à Riyad, croit savoir The Independent.

S’agit-il d’une simple coïncidence ou bien d’un plan global prélude à une confrontation ouverte en l’Arabie Saoudite et l’Iran et ses alliés alaouites en Syrie et du Hezbollah au Liban ? Un des scénarios le plus probable serait que les Al-Saoud, sous la conduite de Mohamed Ben Salmane, étende sa guerre contre ses rivaux chiites au Liban pour, éventuellement, essayer de chasser le gouvernement aux commandes acquis au Hezbollah hors de Beyrouth, quitte à financer une guerre civile au pays du Cèdre, en recourant aux milliards de dollars que le jeune prince compte récupérer dans le cadre de l’opération anti-corruption qu’il vient de déclencher.

Au Liban, toutes les factions et formations politiques, y compris le Hezbollah, sont unanimes à réclamer le retour immédiat au pays de Saad Hariri, mais la situation est plus compliquée pour le Premier ministre libanais dont la femme et d’autres membres de sa famille se trouvent à Riyad. Ces derniers risquent d’être pris en otage au cas où il déciderait de retourner à Beyrouth en dépit de la volonté des Al-Saoud.

Pour de nombreux observateurs, la situation risque de dégénérer et entraîner la région dans une guerre totale.

Source : AP

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